Révolution 2.0 : quenelle, mémétique et démocratie

Extrait de: agoravox.fr.actualites   décembre 30, 2013

Le phénomène de la quenelle a pris, ces derniers temps (et plus encore depuis ce samedi, avec le geste de Nicolas Anelka), des proportions que nul n'aurait pu imaginer. Le pouvoir politique en fait l'une de ses priorités, à traiter en 2014, et Dieudonné semble être devenu l'ennemi public numéro un ; c'est un peu le Ben Laden français, que François Hollande et Manuel Valls se sont choisis pour cible. Vouloir défier la finance était probablement trop présomptueux pour l'actuel locataire de l'Elysée, "monsieur 15 %". On a les ennemis qu'on peut... 

Au-delà de sa signification originelle, ce qui importe aujourd'hui dans la quenelle, c'est qu'elle a échappé à son créateur (sans doute le premier surpris de son succès) et que des milliers d'individus se la sont appropriés, comme d'un geste d'insoumission au "système", plus ou moins potache, loin de toute référence à une lutte contre le sionisme. C'est un peu l'esprit de Coluche, qui voulait "leur foutre au cul", qui renaît ici. La quenelle est devenue un mème contestataire parmi les plus performants sur la Toile.

Son succès doit nous interroger sur la difficulté que rencontrent, a contrario, les "gentils virus" sur lesquels Etienne Chouard comptait (et compte toujours) pour propager son idée de "vraie démocratie". D'un côté, un "mème comportemental", méchant et drôle, qui cartonne, de l'autre, un "mème verbal", gentil et sérieux, qui progresse, certes, mais beaucoup plus lentement. La quenelle, par son travail de sape, pourrait-elle alors (sans même s'en douter) préparer le terrain pour les "gentils virus" et leur travail autrement plus constructif ? A moins que ces derniers ne doivent se résoudre à une action de très longue haleine...

Crédits illustration : Slo

Commençons par une brève digression sportive. Lorsque Jean-Pierre Papin mit fin à sa carrière de footballeur, on attendit fébrilement le nouveau JPP. Et les observateurs de l'époque crurent le voir arriver en la personne de Florian Maurice, voire de quelques autres jeunes talents. Mais tous déçurent, et JPP n'eut pas vraiment de successeur. Le nouveau grand joueur français n'aurait pas son profil de numéro 9, mais un profil de numéro 10 : c'était Zinédine Zidane. Quand Zidane, à son tour, prit sa retraite, on guetta le nouveau Zidane. Et on crut le reconnaître en la personne de Yoann Gourcuff, ou de quelques autres (Hatem Ben Arfa, Samir Nasri...). Mais aucun ne confirma au plus haut niveau, et Zidane n'eut pas de successeur. On ne peut guère s'empêcher de plaquer nos anciens schémas pour envisager le futur.

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Auteur: Associées agoravox.fr.actualites


 
 
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